Association française pour l’enseignement du français

Notes de lecture

  • 03
    Sep

    Notes de lecture du FA n° 182

    Catherine BORÉ et Eduardo CALIL (dir.), L'École, l'écriture et la création. Études françaises et brésiliennes - Jean-Louis CHISS, L'Écrit, la lecture et l'écriture. Théories et didactiques - Marc ARABYAN, Des Lettres de l’alphabet à l’image du texte. Recherches sur l’énonciation écrite - Christiane PRÉNERON (dir.), Langage et autonomisation enfantine - Dominique MAINGUENEAU, Les Phrases sans texte -Muriel BARBAZAN (dir.), Énonciation, texte, grammaire. De la linguistique à la didactique - Suzanne-G. CHARTRAND, Les Manipulations syntaxiques. De précieux outils pour comprendre le fonctionnement de la langue et corriger un texte - Revues : LIDIL 47, Cahiers Théodile 15, Dialogue GFEN 148,

     

    NOTES DE LECTURE du FA n° 182 (septembre 2013)

     

    LIVRES

    Catherine BORÉ et Eduardo CALIL (dir.), L'École, l'écriture et la création. Études françaises et brésiliennes, Louvain-la Neuve, Éditions Academia, 2013 (274 p., 29,50 euros) 

    L’ouvrage comprend un ensemble de onze études réalisées par des chercheurs français et brésiliens, ayant pour projet commun l’analyse des processus d’écriture et de création-créativité d’élèves des cycles élémentaire et secondaire au Brésil et en France. Il s’organise en deux parties articulées, présentées par Catherine Boré, professeure à l’université de Cergy-Pontoise, et Eduardo Calil, professeur à l’université fédérale d’Alagoas à Macéo. La première partie est organisée autour des recherches françaises, avec les contributions de C. Doquet sur les « Ancrages théoriques de l’analyse génétique des textes d’élèves », de C. Boré qui passe de « L’énonciation dialogique au principe de la créativité du sujet scolaire », de B. Kervyn qui conjugue « S’essayer à la proximité et à la distance avec les stéréotypes pour varier son écriture », de M.-F. Fradet qui analyse « Le processus de création vu sous l’angle d’une interaction interprétative dans l’apprentissage de l’écriture de fiction au collège », de M.-L. Elalouf qui décrit « Un dispositif didactique de création accompagnée en module de français langue seconde », de J. Crinon, B. Marin et A. Cautela qui associent « Imiter et apprendre à écrire, études des ratures dans une situation de révision collaborative l’école ». Le second ensemble s’inscrit dans le cadre des institutions scolaires brésiliennes, avec les études de E. Calil qui articule « Dialogisme, hasard et rature orale. Analyse génétique de la création d’un texte par des élèves de 6 ans », de C. Felipeto qui analyse « “À Dieu petit crapaud” : quand l’homonymie produit des désordres et des ratures dans un processus d’écriture en collaboration », de H. Lima et E. Calil sur « Les noms propres dans des histoires inventées : effets d’un enchainement », de C. Belintane qui rapproche « Aliénation et séparation dans la parodie : une stratégie destinée à des élèves de neuf ans pour la production de textes » et de R. Fiad qui décrit les « Indices de la présence de l’auteur dans des textes écrits par des enfants. Marques de méta-énonciation ». Loin de distinguer ou d’opposer les recherches conduites dans les deux pays, les auteurs se rejoignent sur un objet de recherche commun à partir d’un ensemble de données aujourd’hui bien théorisées. Chacun décline ses recherches relatives à la production des manuscrits scolaires « en acte », des recherches qui permettent de comparer les procédures d’écriture chez les jeunes élèves. À travers la diversité des méthodologies mises en place, les chapitres successifs décrivent les différents niveaux de la créativité litéracique.

    JD

     

    Jean-Louis CHISS, L'Écrit, la lecture et l'écriture. Théories et didactiques, Paris, L’Harmattan, coll. « Enfances et langages », 2012 (258 p., 27 euros)

    Cet ouvrage vient, comme le dit son auteur, composer un « itinéraire » de plus de vingt-cinq ans d’écriture et de recherche (1980-2005) et reprend ainsi dix-huit études et interventions qui ont construit une démarche de linguiste et de didacticien. Autant de « problèmes » comme « chaque fois une contribution à la grande problématique du langage qui s’énonce dans les principaux thèmes traités » – nous citons ici Benveniste dans son avant-propos à ses Problèmes de linguistique générale 1. Se trouvent ainsi retracées les théories de la lecture, de l’écriture... et plus généralement de la culture dont la littérature, et les didactiques de ces mêmes activités dans les contextes scolaires de la maternelle à l’université – comme le souligne notre revue, dont J.-L. Chiss fut le rédacteur en chef au début de la période considérée.

    Dans une réciprocité constitutive et une subjectivation singulière qui associent un individu et des communautés, cet itinéraire intellectuel engage un sujet de la recherche et de l’intervention dans les controverses de cette époque, tant au niveau des institutions académiques que des débats dits « de société », et un objet de la recherche qui peu ou prou s’est constitué comme une démarche heuristique plus qu’un domaine délimité, en regard de bien des « questions » de l’enseignement, de l’apprentissage, de la culture. Un tel itinéraire, pour penser ces pratiques et ces théories, n’a cessé de réfléchir les implications nécessaires à concevoir chaque fois situées, d’une théorie du langage et d’une pensée du continu des langues et des cultures, des théories et des didactiques.

    L’ouvrage propose ainsi quatre moments de l’itinéraire qui offrent quatre lieux critiques à la fois successifs mais également concomitants et inséparables : i) les typologies textuelles/discursives et la didactique de l’écrit ; ii) l’oral et l’écrit sous le rapport de leur diversité et de leur qualité ; iii) la lecture et l’école ; iv) le passage (voire les passages) des théories de l’écriture à la littératie vers une didactique de la culture écrite dans le contexte français et francophone.

    On comprend bien qu’il faudra revenir sur cet itinéraire, sur les moments et les lieux critiques qui impliquent son lecteur… En attendant, le souhait est qu’avec la lecture de ce livre s’ouvre dans nos actualités (la création des ESPE, les débats sur les curricula, les fondamentaux, les méthodes, les disciplines et leurs sous-disciplines, les cultures, la mondialisation…) l’indispensable réflexion rétrospective pour que les urgences ne masquent pas les enjeux depuis longtemps au travail et qu’on ne peut esquiver sous peine de répétitions pénibles ou d’engouements trompeurs. Cet ouvrage agrandit cette réflexion et en augmente les perspectives.

    SM

     

    Marc ARABYAN, Des Lettres de l’alphabet à l’image du texte. Recherches sur l’énonciation écrite, Limoges, Lambert-Lucas, 2013 (300 p., 30 euros)

    L’ouvrage se présente comme un recueil de travaux sur des objets relativement peu étudiés : l’écriture imprimée, l’énonciation éditoriale, la grammaire et l’image des textes envisagés selon leurs genres. L’auteur y a repris dix-huit d’articles organisés en trois parties cohérentes, issus de recherches étalées sur dix-sept années. La première de ces parties, intitulée « Structures de l'écriture et lettres de l’alphabet », est centrée sur l'étude de l'écriture latine, notamment imprimée, et sur son alphabet. M. Arabyan y aborde des questions théoriques fortes, telles que les concepts de type et de token,la répartition des tokens entre lettres « anamorphosées » et « métamorphosées », l'identification et le classement des principaux paramètres de la variation typographique, la critique de l'emploi de la notion de connotation, l'analyse des variations de la lettre en communication publicitaire. La deuxième partie, « Questions de lecture », envisage les rapports entre écriture et lecture, en remettant en question la façon dont cette dernière est historicisée ; notamment sur les origines et la construction du mythe de la lecture silencieuse. La troisième partie revient sur le concept d’énonciation éditoriale pour montrer quelles découvertes il est possible de faire en lisant les classiques dans les éditions d’époque, avant de s’intéresser aux mises en textes des récits sous l’angle de la linguistique et de la littérature. La troisième partie, « Mise en paragraphes et image du texte », revient sur les tout premiers travaux de l’auteur, avec une analyse du concept d'énonciation éditoriale élaboré à propos du paragraphe narratif, objet de sa thèse soutenue à l’université Paris Descartes, et publiée en 1994. Dans cette perspective, il analyse « la difficile prédiction des paragraphes argumentatifs » et conclut à la possible absence de règles d'alinéation dans les textes à dominante argumentative. À l’exemple du paragraphe dans La Princesse de Clèves, puis chez Joinville et Froissart, il montre quelles découvertes il est possible de faire en lisant les classiques du moyen français, des XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles et finalement du XXe. Nous retiendrons particulièrement cette étude de « La ponctuation du discours direct » qui trouve son origine au IIIe siècle avant notre ère et se développe jusqu’à nos jours.

    Voici donc un ouvrage essentiel pour qui s’intéresse au texte imprimé, aux procédés de mise en texte, à l’organisation des paragraphes narratifs et discursifs, à la ponctuation. Nous ne saurions que trop en recommander la lecture à tous les enseignants et formateurs concernés, tant les commentaires, explications, injonctions didactiques dans le domaine restent, encore aujourd’hui, extrêmement floues et peu accessibles aux élèves du primaire, du secondaire comme aux étudiants à l’université.

    JD

     

    Christiane PRÉNERON (dir.), Langage et autonomisation enfantine, Paris, L'Harmattan, coll. « Enfance et langages », 2013 (202 p., 21 euros)

    Ce volume introduit et coordonné par C. Préneron, chargée de recherche au CNRS au sein du laboratoire MoDyCo, rassemble les interventions d’une journée d’étude sur le thème de l’« Autonomisation de l’enfant dans et par le langage, en famille et à l’école » à l’université Paris Descartes. L’ouvrage comprend sept études complémentaires dont le sommaire restitue la cohérence, avec B. Golse sur le couple « Intersubjectivité et distanciation psychique. Les précurseurs corporels et comportementaux de l'accès au langage verbal chez l'enfant », N. Lewi-Dumont et C. Préneron analysant la « Diversité des styles d'interaction dans l'autonomisation de jeunes enfants en famille », M. Carcassonne et B. Héberlé-Dulouard qui étudient le triptyque « Autonomisation, temporalités et négociations des places dans des interactions parents-enfants », J. Leber-Marin qui décrit les « Figures de l'autonomisation d'un jeune enfant à l'école : le mouvement de choix dans l'interaction », A. Bensalah qui situe son propos « Entre hétéronomie et autonomie : espace de jeu et imaginaire », A. del Ré et S. Dinucci-Fernandes concernant « Le rôle de l'explication dans le développement de l'autonomisation cognitive-sociale et cognitive-affective chez un enfant brésilien », F. François qui conclut en conjuguant « Devenir autonome et dialoguer. Quelques remarques ». Nous noterons qu’en annexe les « conventions de transcription » des corpus permettent une lecture facilitée des différentes études proposées.

    Pour les auteurs, c’est sans doute autour de l’âge de deux ans, alors que l’enfant a déjà acquis une certaine autonomie dans les domaines moteur et langagier, que l’on voit surgir les emblématiques « moi tout seul » grâce auxquels il demande à l’adulte de le laisser agir pour se déshabiller, s’habiller, manger, jouer sans se faire mal…. Mais de ce désir d’autonomisation qu’advient-il ? Quel accueil lui en est fait ? Comment les adultes y réagissent-ils ? Vont-ils l’accompagner, le contrarier, le favoriser, en être parfois les initiateurs, et comment ? En partant des interactions verbales recueillies en milieu naturel (parents/enfants et enseignants/élèves), les recherches exposées analysent ce processus d’autonomisation « dans » et « par » les interactions, tout en décrivant la diversité de cette dynamique selon les moments, l’âge de l’enfant, les cultures familiales et les styles pédagogiques.

    En référence aux travaux sur l’acquisition du langage et aux approches pragmatique et énonciative, tels que déclinés au sein de leur laboratoire, les auteurs montrent comment se constitue un style interactif dans un entrelacs dialogique associant dimensions langagières, énactives et corporelles et dessinant les liens multiples, variables et labiles qui se jouent entre les acteurs de cette autonomisation. En prenant le parti d’une analyse linguistique de données naturalistes, ces études montrent comment, par le langage élaboré dans différents contextes, le jeune enfant et l’adulte se définissent dans un rapport mutuel au fil de leurs interactions.

    JD

     

    Dominique MAINGUENEAU, Les Phrases sans texte, Paris, Armand Colin, 2012 (177 p., 24,80 euros)

    Avec ce nouvel essai, D. Maingueneau nous propose de revenir sur l’étude de ces phrases, apparemment sans texte, qui surgissent dans nombre de discours : de la conversation la plus ordinaire au cours de philosophie le plus sophistiqué. Il les analyse plus particulièrement à travers les questions de détachabilité et d’aphorisation, qui lui permettent d’aborder des phénomènes de production et de reprise d’énoncés fonctionnant dans une relative autonomie par rapport aux textes ou aux déclarations dont ils sont issus. Il étudie ainsi la façon dont une citation est présentée à la discussion dans l’intitulé d’un sujet de dissertation du type : « Victor Hugo a pu écrire : “Un poète est un monde enfermé dans un homme.” Que peut-on penser de cette affirmation ? ».

    L’auteur s’intéresse alors à des faits de discours sur lesquels plusieurs chercheurs ont déjà porté leur regard : aphorismes, maximes, proverbes… et plus récemment titraille des articles de presse, slogans, « petites phrases »… La première série a occupé les historiens, les littéraires et les linguistes en tant que formats courts de l’expression dans les cultures lettrées ou populaires. La seconde intéresse à la fois la sémiotique et les sciences de la communication.

    La nouveauté apportée par D. Maingueneau consiste à proposer un traitement unifié de ces phénomènes très hétérogènes, en privilégiant l’angle énonciatif.
D. Maingueneau suggère ainsi des notions permettant d’appréhender ces phrases sans texte. On retiendra par exemple la notion de détachabilité, qui désigne l’ensemble des qualités d’un énoncé (concision, saillance formelle, autonomie référentielle…) facilitant son extraction pour des usages dans d’autres contextes, ou encore la notion de surrassertion, qui désigne l’opération énonciative par laquelle le locuteur donne à voir un énoncé comme pouvant être détaché du texte.

    Nul doute que les enseignants de français ‑ et au-delà tous ceux qui s’intéressent aux textes et aux discours ‑ y trouveront matière à réflexion sur leurs propres pratiques, notamment dans le maniement de ces sentences, proverbes, formules, maximes... qui semblent échapper à l’ordre du texte mais qui y reviennent, ne serait-ce que dans les écrits de leurs élèves.

    JD

     

    Muriel BARBAZAN (dir.), Énonciation, texte, grammaire. De la linguistique à la didactique, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Rivages linguistiques », 2013 (238 p., 15 euros)

    L’ouvrage restitue les contributions et les échanges issus du colloque « Énonciation et texte au cœur de la grammaire », qui s’est déroulé en mars 2009 à l'université de Toulouse-Le Mirail. Les études rassemblées par Muriel Barbazan entendent ainsi décrire le lien entre héritage grammatical traditionnel et propositions descriptives de la linguistique moderne, dans leurs dimensions discursive, énonciative et textuelle.

    L’ensemble des articles montre que ce sont les savoirs construits par les apprenants et les pratiques effectives des enseignants qui se renouvèlent en regard des théories linguistiques de référence. Le sommaire s'ouvre sur deux articles analysant des stratégies énonciatives dans deux types de corpus : « La réduplication des mots d'un point de vue illocutoire. Une stratégie discursive pour insister beaucoup beaucoup » par G. Dostie et « Disons, Mettons, Supposons. Les valeurs de l'impératif dans un corpus de vulgarisation scientifique » par C. Collin. Les contributions suivantes abordent la question de l'articulation entre micro- et macrosyntaxe sur la question du « Fonctionnement textuel et valeur prototypique : l'interprétation des participes présents adjoints dans le discours écrit littéraire et journalistique » par E Havu et M. Pierrard et l’« Anaphore pronominale indirecte en micro- et macrosyntaxe » par L.-A. Johnsen. Suivent deux articles ciblant des phénomènes perceptibles au niveau de la macrostructure textuelle, à travers les « Arguments pour une approche paramétrique de l'acte et du texte » par J.-M. Colletta et la « Structure des textes et didactique : décrire des routines cognitives pour en identifier les marqueurs linguistiques » par M. Barbazan. Les trois contributions « Observer le rôle des guillemets dans un corpus : une voie d'accès à l'énonciation » par F. Rinck, F. Grossmann et F. Boch, « Paramètres de l'énonciation et utilisation de termes métalangagiers dans l'enseignement du texte argumentatif » par D. Bain et S. Canelas-Trevisi et « Apprendre à raconter, apprendre à commenter » par A.-R. Alamillo et J.-M. Colletta mêlent des problématiques énonciatives et textuelles à la question de leur exploitation en didactique des langues. En clôture, deux autres études « Subjonctif vs indicatif dans l'interlangue française d'apprenants avancés » par P. Hadermann et « Construction interactive d'une norme textuelle en classe » par J.-P. Sautot ; les auteurs y analysent des corpus de productions d'apprenants afin d'explorer l'intériorisation effective de phénomènes discursifs et de proposer des pistes didactiques.

    Les lecteurs constateront aisément que cet ouvrage collectif entend assurer la diffusion interdisciplinaire des recherches sur la grammaire et le discours, dans une logique transversale, sans que soit requise une familiarité avec une théorie particulière. Chacun pourra ainsi trouver de quoi nourrir ses propres réflexions et pratiques, en linguistique comme en didactique.

    JD

     

    Suzanne-G. CHARTRAND, Les Manipulations syntaxiques. De précieux outils pour comprendre le fonctionnement de la langue et corriger un texte, Québec, CCDMD, diffusion Chenelière Éducation, 2012 (64 p., 21,95 $ can, version numérique 10,95 $ can)

    Les manipulations syntaxiques sont des opérations explicites qui accompagnent l’analyse de la langue et assurent un raisonnement grammatical visant la reconnaissance et la formation des mots, syntagmes, propositions ou phrases. L’auteure, linguiste et didacticienne du français à l’université Laval de Québec, les décrit de façon méthodique en poursuivant des objectifs précis : i) comprendre le fonctionnement de la langue pour identifier les unités grammaticales (verbe, adjectif, déterminant, subordonnée...), leur fonction syntaxique (sujet, compléments du verbe, attributs...) et leurs délimitations en groupe ; ii) apprendre à réviser les textes du point de vue de leur structure, de leur organisation en phrases, de leur forme et des accords orthographiques ; iii) utiliser une terminologie grammaticale stable et cohérente ; iv) travailler sur des énoncés tels qu’ils s’actualisent dans les discours et v) suggérer une progression pour travailler la langue, rejoignant en cela des propositions didactiques antérieures (Penser la progression des apprentissages, 2009). Cependant, S.-G. Chartrand n’hésite pas à décrire les limites de ces manipulations syntaxiques, des limites qui tiennent entre autres à certaines résistances sémantiques (par exemple les différents sens du verbe rêver, dans il rêve de ses prochaines vacances) ou au statut des compléments de phrase vs de verbe (par exemple dans des énoncés ambigus du type : De plus en plus de policiers se déplacent en vélo).

    Nous retiendrons également la cohérence des démonstrations, la clarté des arguments, la précision des outils fournis, et notamment la liste hiérarchisée de ces manipulations syntaxiques sous la forme de symboles et de pictogrammes directement utilisables avec des élèves.

    Cet ouvrage d’apparence modeste par son volume est conçu l’enseignement du français du primaire à l’université. Les documents annexés : « Un modèle rigoureux pour analyser les phrases et les corriger » et « Du complément circonstanciel au complément de phrase » augmentent judicieusement l’ensemble, pour le plus grand bénéfice didactique des élèves et de leurs enseignants.

    JD
     

    Nous avons également reçu...

    • Aimé CÉSAIRE, Une Saison au Congo, étude critique par Dominique Traoré Klognimban, Paris, Honoré Champion, coll. « Entre les lignes – Littératures Sud », 2013 (120 p., 5,50 euros) ... àlire également les autres titres de cette nouvelle collection dirigée par Christiane Chaulet Achour et Jean-Baptiste Dufour : L’Isolé Soleil de Daniel Maximin (Cyrille François), Allah n'est pas obligé de Ahmadou Kourouma (Selom K. Gbanou), L’Opium et le bâton de Mouloud Mammeri (Hervé Sanson).
    • Ségolène LE MEN, Les Abécédaires. Lettres, mots, images, Chasseneuil-du-Poitou, CNDP, coll. « Patrimoines d’enfances », 2012 (67 p., 9,90 euros)
    • Karine GERMONI, Majuscules, abréviations et symboles, Bruxelles, De Boeck & Duculot, coll. « Grevisse – langue française », 2013 (272 p., 14,50 euros)
    • Yana GRINSHPUN et Judith NYÉE-DOGGEN (dir.), Regards croisés sur la langue française : usages, pratiques, histoire : mélanges en l'honneur de Sonia Branca-Rosoff, Paris : Presses Sorbonne nouvelle, 2012 (234 p., 21 euros).

     

    REVUES

    LIDIL, revue de Linguistique et de Didactique des Langues, « Le Verbe pour exprimer le temps. Quels apports pour une rénovation de la didactique de la grammaire ? », n° 47, juin 2013 (144 p., 16 euros)

    Coordonné par Jean-Pierre Sautot et Solveig Lepoire-Duc, ce numéro de la revue LIDIL a pour objectif de revisiter le concept de verbe dans la perspective de sa transposition didactique centrée sur les usages effectifs de la langue. Alors que les programmes scolaires tendent à réduire la situation temporelle à la chronologie et à assimiler le temps linguistique à la conjugaison, les contributions proposées ici prennent le parti d’une approche centrée sur le statut du verbe dans la construction et l’expression du temps envisagée du point de vue de la chronologie et de l’aspect. Elles contribuent à établir une liste des outils grammaticaux en jeu dans l’expression du temps, envisagent la manière dont les élèves appréhendent ces concepts et décrivent les problèmes soulevés par leur transposition en classe. Au sommaire, nous retrouvons les études de J.-P. Sautot et S. Lepoire-Duc concernant les différentes « Approches du verbe : apports pour la didactique de la grammaire », de R. Gagnon qui part « De l’analyse de productions écrites d’élèves et de ses usages potentiels pour la formation des enseignants du secondaire en grammaire », de C. Rodríguez Gonzalo sur « L’apprentissage des temps verbaux en espagnol. Relations entre connaissances déclaratives et usage dans les textes », de C. Péret concernant la « Construction diachronique des usages scolaires du futur périphrastique », de F. Torterat qui analyse « Quelle expression du temps pour les formes non fléchies du verbe ? Examen de quelques manuels de CM1 », de C. Lachet déclinant « Des savoirs scientifiques aux savoirs scolaires : entre élaboration des connaissances et élaboration du discours. Application à l’aspect verbal », de C. Corteel et C. Avezard-Roger sur « La catégorie de l’aspect : cerise sur le gâteau ou plat de résistance ? De l’intérêt de lui faire une place en classe ». Nous nous associerons également à l’hommage rendu par J. Billiez, C. Degache et D.-L. Simon à « Louise Dabène : un itinéraire hors du commun ».

     

    RECHERCHES EN DIDACTIQUES, Les Cahiers Théodile, « Perspectives actuelles des recherches en didactiques », n° 15, mars 2013, (198 p., 15 euros).

    Composé par Bertrand Daunay et Abdelkarim Zaid, les articles ce numéro non thématique recensent un ensemble de recherches actuelles dans les didactiques du français, des mathématiques, de la philosophie, de l’éducation au développement durable, et un parcours des dernières avancées théoriques liées à des investigations empiriques récentes. Au sommaire, on y trouve les contributions de J.-P. Bronckart « Quelques réflexions pour un redéploiement de la didactique des langues », d’É. Roditi « Une orientation théorique pour l'analyse des pratiques enseignantes en didactique des mathématiques », de M. Bento « La perspective actionnelle dans les manuels de langue au collège », de B. Monfroy « Adapter pour enseigner ? Vers la construction du concept d'adaptation », de S. Considère et N. Tutiaux-Guillon « L'éducation au développement durable : entre “éducation à” et disciplines scolaires » ; auxquels s’ajoutent l’entretien de Michel Dabène effectué par Y. Reuter, relatif aux « Questions et débats sur l'histoire de la didactique du français » et l’étude de C. Gannett et J. Brereton concernant « La recherche-action et les analyses de l'écrit au niveau universitaire ».

     

    DIALOGUE, revue du GFEN, « Des pratiques pour transformer l'école », n° 148, avril 2013 (56 p., 7 euros).

    Transformer l'éducation, ça se pratique ! Dans ce numéro de Dialogue des enseignants donnent à voir leur action pour rendre leur pratique plus efficiente en permettant aux élèves de (re)nouer un rapport vivant au patrimoine, retrouver la « saveur des savoirs ». Les auteurs analysent ainsi des situations d'apprentissage qu'ils ont conçues et mises en œuvre dans les classes. L. Arnaud restitue une démarche d'auto-socio-construction en physique sur la chute des corps en lycée ; J. Bonnard la préparation et le déroulement en histoire et technologie d'un parcours architectural ; S. Fouquet des ateliers d'écriture menés en regroupement d'adaptation. Les auteurs décrivent également d’autres projets initiés à l'échelle d'un ou de plusieurs établissements, en pointant des changements repérés chez les élèves, leur famille, les équipes ou le métier. On lira notamment le projet du lycée de la Nouvelle Chance de Cergy, qui propose un accompagnement des élèves d'élémentaire par des élèves de quatrième sur le temps des devoirs, la suppression des notes en collège, etc. Le numéro rend aussi compte de recherches et d’analyses collectives sur des questions professionnelles : la gestion de l'imprévu dans une situation de formation, la transmission des normes comportementales, la transmission des normes dans les savoirs. En fin de volume, J. Bernardin situe l'approche du GFEN sur le rapport à l'apprentissage, la vision du sujet, la conception du savoir et le paradigme d'apprentissage qui règle l'acte d'appropriation.

               

    Nous avons également reçu...

    • GENESIS, revue de l’ITEM, « Le Geste linguistique », n° 35, dirigé par Irène Fenoglio, 2012.
    • SEMEN, revue de sémiolinguistique des textes et discours, « Modes de sémiotisation et fonctions argumentatives des émotions », n° 35, dirigé par Ida Hekmat, Raphaël Micheli & Alain Rabatel, avril 2013.
    • PRATIQUES, revue de linguistique, littérature et didactique, « Théories et pratiques des genres », n° 157-158, dirigé par Driss Ablali, juin 2013.
    • CAHIERS ROBINSON, « La collection “Page Blanche” », n° 31, dirigé par Éléonore Hamaide-Jager, 2012.
    • La Lettre de l’association AIRDF, n° 53, 2013, avec en dossier principal les « Échos des quatorzièmes rencontres des chercheurs en didactique de la littérature ».

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