Association française pour l’enseignement du français

Nos engagements

  • 29
    Jan

    L'AFEF et la formation des enseignants

    Par le bureau de l'AFEF

     

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    L’AFEF et la formation des enseignants

     

    La formation professionnelle initiale et continue des enseignants, dans sa phase de nécessaire reconstruction, suscite des controverses dont les plus visibles récemment concernent la place du concours dans le dispositif de formation, comme en témoigne la dernière publication du GRFDE dans le Café pédagogique du 22 janvier : “Reconstruire la formation des enseignants avec tous ceux qui le veulent”. L’AFEF, jusque-là soucieuse du cadrage général et des contenus de formation, n’avait pas pris position dans un débat sur les différents scénarios où elle ne se sentait pas particulièrement compétente. Mais la prudence du GRFDE, son analyse rigoureuse des options possibles et de ce qu’elles impliquent, nous a incités à signer ”Les propositions du GRFDE pour la formation des enseignants”. Et notre décision tient à deux raisons essentielles.

    La première tient au choix du GRDFE d’ouvrir le plus largement possible le recrutement aux étudiants de catégories sociales populaires grâce à des systèmes d’aides sur critères sociaux. Nous nous trouvons aujourd’hui, du fait d’un tarissement progressif du recrutement, dans une situation de pénurie qui rappelle les grands besoins en professeurs des années 60-70 lors de l’allongement de la scolarité, et que la création des IPES avait en partie palliés. Proposer des bourses et une rémunération des années de formation comme élève-professeur et fonctionnaire-stagiaire selon les ressources permettrait en effet d’ouvrir plus facilement à des étudiants issus de catégories sociales populaires l’accès aux métiers de l’enseignement. L’allongement certes nécessaire des études est difficile à supporter financièrement, et aider ceux qui en ont le plus besoin permettrait de recruter réellement sur les capacités à exercer le métier et non sur les facilités à faire face aux couts engendrés par la formation.

    Notre deuxième motivation tient à l’organisation-même de la formation. Depuis sa création, l’AFEF s’est toujours efforcée de faire le lien entre les avancées de la recherche en didactique, en sciences de l’éducation, et les situations scolaires d’enseignement. Si la discipline français suppose des connaissances de haut niveau dans des domaines aussi étendus que ceux de la  langue et de la littérature, nous savons bien qu’elles ne suffisent pas. Elles doivent s’accompagner d’une initiation à la transposition didactique, mais aussi former à la connaissance des processus d’apprentissage, à l’acquisition d’une posture d’enseignant et de gestes professionnels, et à la compréhension des contextes sociaux et culturels des situations d’enseignement. Et le lien avec la recherche didactique sur la discipline, auquel notre revue le Français Aujourd’hui contribue depuis plus de quarante ans, pourrait être assuré avec succès par la mise en place de “recherches collaboratives” (ou “recherches-action”) dans lesquelles enseignants et chercheurs collaboreraient afin que les résultats de la recherche nourrissent l’innovation dans les classes.

    Et si l’AFEF veut aller plus loin dans une réflexion sur la formation des enseignants, initiale ou continue, sans nécessairement se concentrer sur les différents scénarios possibles, elle ne pourra pas faire l’économie d’un temps de réflexion sur les contenus de formation. Faire le pari de scolariser tous les élèves avec une plus grande chance de réussite implique de réfléchir aux programmes appliqués dans les classes, aux dispositifs mis en place pour que le plus grand nombre puisse entrer dans les apprentissages et acquérir les savoirs indispensables à leur vie professionnelle, personnelle et citoyenne. Mais ce pari implique aussi de réfléchir à la formation des enseignants de français et de construire un cadre qui prenne en compte à la fois les contenus disciplinaires et les élaborations didactiques, pédagogiques et psychosociologiques que la recherche met à notre disposition.

    Cette réflexion inaugurera les travaux du nouveau CA de l’AFEF en février, et nous vous inviterons à la poursuivre et l’approfondir dans la suite de l’année. A bientôt.

     

1 Commentaire

  • Michèle Monte

    03 Fev 2013 à 17:23

    Je suis contente que l'AFEF ait signé ces propositions, car une formation de 2 ans après le concours est la seule qui permette de faire tranquillement, sans pression, ce travail nécessaire de liaison entre savoirs savants,n didactique et professionnalisation

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