Association française pour l’enseignement du français

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  • 01
    Mai

    Dossier : Enseigner le français, métier ou magistère

    1ère partie : L'entrée dans le métier par Joëlle Thébault

    L’entrée dans le métier ; nouvelles modalités du recrutement et de la formation des enseignants
    (Joëlle Thébault : 4 mai 2010)

     

     Malgré l’inquiétude, voire la colère, exprimée par un nombre important d’organisations très diverses (voir plus bas quelques échos), la réforme du métier d’enseignant se met en place : « La mastérisation permettra l’élévation du niveau de recrutement et une amélioration de la qualité de la formation. Cette réforme instaurera le recrutement des enseignants des écoles, collèges et lycées au niveau master 2 (à bac +5). » (2)

     L’année 2010 est un moment charnière à divers titres : ce printemps a lieu la dernière session des concours de recrutement « ancienne manière », au niveau M1. Les universités qui ne l’ont pas encore fait vont déposer dans les mois qui viennent des maquettes de masters « métiers de l’éducation ». Enfin, la prochaine rentrée de septembre verra arriver dans les classes les nouveaux recrutés, « accueillis, accompagnés et formés » (2) en même temps que se tiendront les nouveaux concours, au niveau M2.

    Le processus a été marqué de nombreux rebondissements sur lesquels nous ne revenons pas : ce qui suit n’est qu’un état des lieux aussi synthétique que possible.

     

    A.    Les objectifs avancés pour cette réforme (2)

    ·         élever le niveau de qualification des personnels enseignants, au moment du recrutement

    ·         intégrer la formation des maîtres dans le dispositif L.M.D. : à terme les enseignants qui seront recrutés disposeront d’un master

    ·         préserver les possibilités de réorientation pour les étudiants qui ne seront pas recrutés

    ·         préparer progressivement au métier avant les concours. Les étudiants pourront suivre des stages d’observation et de pratique accompagnée et des stages en responsabilité dans des classes

    ·         offrir des mécanismes d’encouragement et de promotion sociale pour ceux qui se destinent à l’enseignement

     

    B.    Qu’est-ce qui change ?

     

    ·         La formation (préparation des concours) est confiée aux universités, qui élaborent de façon autonome leurs parcours de formation (1). Les textes officiels ne font aucune mention des IUFM.

    ·         Les concours voient leur nombre d’épreuves diminuer (2). Le concours joue un simple rôle de sélection, le master dont les candidats sont titulaires validant leurs connaissances. Ainsi on constate la disparition à l’écrit comme à l’oral du CAPES lettres de toute épreuve de langue étrangère, qu’elle soit moderne ou classique.

    ·         Pendant l’année de stage et de prise de fonction des nouveaux titulaires, le temps dévolu à la formation passe de 2/3 à 1/3. On y englobe le temps de « compagnonnage » avec un tuteur. De fait, un titulaire du CAPES pourra se voir confier un temps plein, sa formation s’effectuant sur temps libre. L’accompagnement des nouveaux recrutés est mis sous l’autorité des recteurs et inspecteurs d’académie (3) qui adapteront le dispositif aux circonstances locales.

     

    C.     Les critiques de la réforme le plus souvent exprimées 

     

    ·         L’élévation du niveau de recrutement est approuvé de tous, mais la mastérisation, telle que la réforme la prévoit, allonge la durée des études non rémunérées (5 années au lieu de 4) : beaucoup redoutent que cela ne limite l’accès au métier d’enseignant aux jeunes issus de familles favorisées.

    ·         Pendant l’année de master 2, l’étudiant doit mener de front l’initiation à la recherche, la préparation du concours et la professionnalisation. On voit mal comment insérer dans ce cursus les possibilités de réorientation annoncées. 

    ·         Le cadrage des masters, le calendrier des concours et leur contenu ont été portés très tard à la connaissance des universités, qui ont beaucoup de mal à élaborer des maquettes crédibles.

    ·         La question des modalités de la formation professionnelle est préoccupante : le master ne comportera pas obligatoirement de stage. Les stages rémunérés proposés aux étudiants admissibles sont facultatifs.

    ·         Cela conduit à l’éclatement des formations proposées (comment les étudiants vont-ils s’y retrouver ?) et à la mise en concurrence des universités entre elles. Cet éclatement s’accentue encore après le concours, où les disparités de traitement d’une académie à l’autre seront grandes.

     

    D.    Textes de référence

     

    1)      Sur la formation à l’université

    http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid20536/rubrique-bo.html?cid_bo=50134
    Circulaire du 23 décembre 2009 : « Mise en place des diplômes nationaux de master ouverts aux étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement - rentrée universitaire 2010 »

     

    2)      Sur le recrutement

    http://www.education.gouv.fr/cid51060/etats-generaux-de-la-securite-a-l-ecole-les-7-et-8-avril-2010.html#Cinq orientations pour faire reculer la violence en milieu scolaire
    Ce texte d’information daté de janvier 2010 fournit les principes de la réforme, les modalités d’accompagnement par diverses aides et des liens vers les arrêtés successifs.

     

    3)      Sur l’affectation et la formation

    http://www.education.gouv.fr/cid50946/menh1005426c.html
    La note de cadrage aux recteurs et IA du 25 février 2010, parue au Bulletin officiel n°13 du 1er avril  2010, décrit le « dispositif d’accueil, d’accompagnement et de formation des enseignants stagiaires des premiers et second degrés et des personnels d’éducation stagiaires. » Chaque académie organise la mise en place de ces textes en fonction des contraintes et des possibilités locales : voir à ce sujet les sites académiques.

     

     

     

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